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Un PLU au souffle court

Lors du débat sur le Plan local d’urbanisme présenté en juillet au conseil municipal, plusieurs thèmes ont fait l’objet de nos observations. Nous les résumons ici.

I – LA VISION GLOBALE

Le défi majeur posé à l’urbanisme aixois, c’est de réparer les cassures, les balafres autoroutières qui coupent en quatre notre territoire empêchant ainsi des liaisons pacifiées entre les quartiers. Que dit le PLU à ce propos ? Rien ! Cela démontre clairement le manque d’ambition et le souffle court dans une vision prospective de la ville à 2030. Le PLU de la majorité est une suite d’opérations de programmation sans vision globale de la ville, sans véritable liaison entre villages et quartiers. Il s’agit d’urbaniser par-ci par-là, parfois de préserver, c’est vrai, mais urbaniser sans voir comment elle a évolué au cours des dernières décennies, comment elle est appelée à bouger.

Il ne met pas un terme à cet emballement consommateur d’espaces, à cette seule logique d’étalement urbain qui a créé à quelque 20 kms du centre historique une ville nouvelle sans service public ou si peu, sans centralité et où les habitants sont condamnés à la mono mobilité automobile.

Autre élément et non des moindres, ce PLU a été réalisé en l’absence de documents supra communaux, de type SCOT, PDU et PLH. Ce positionnement de la collectivité a pour conséquence de ne pas participer à l’effort d’accueil à l’échelle métropolitaine. Là aussi, il contribue à l’étalement urbain et à l’augmentation des déplacements domicile-travail, source de pollutions, de dangers sur la santé publique, de perte d’attractivité de notre territoire.

La commune a fait le choix d’Opérations d’aménagement programmée (OAP) avec une option minimale, d’autant plus regrettable qu’elles portent sur 523 ha de zones à urbaniser dont 50% consommées sur des terres agricoles ou naturelles.

En ce qui concerne les formes urbaines, il faudrait définir des densités minimales de construction dans les secteurs situés à proximité des pôles d’échange, des transports collectifs existants ou programmés, qui seront ensuite détaillées dans le règlement. Le rapprochement domicile/transports en commun facilite le report modal. Habiter en ville limite les déplacements. Les services publics peuvent irriguer de manière optimale et efficace les cœurs de ville. Et puis regrouper la population c’est aussi la protéger face aux aléas, entre autres climatiques, auquel nous nous sommes déjà confrontés.

Ce PLU “petit bras” est, pour des raisons de fond, de forme et d’échelle, inapproprié, en quelque sorte mort-né.

II – LE LOGEMENT

Les Aixois veulent des réponses concrètes liées à l’aménagement, aux transports et à l’emploi. Chacun admet aussi qu’il faut sortir des logiques d’enfermement et appliquer les principes de mixité.

Le nombre de logements n’a augmenté que de 10% entre 2000 et 2010 contre 15% dans les périodes précédentes. Les prix de l’immobilier sont en moyenne 20% supérieurs à ceux que l’on observe au niveau départemental. Quant au logement social, les demandes restent fortes. Avec les 842 logements sociaux/an du PLU, on est loin du compte ! Selon la loi Duflot, cela représente un handicap de 4.260 pour la période 2015-2021. Il faudrait environ 1.500 logements par an pour rattraper les retards et accueillir de nouveaux habitants.

Depuis une décennie, l’accent a été mis sur les logements peu sociaux (62%) au détriment des logements très sociaux (2%). Dans son rapport, le commissaire enquêteur “s’interroge sur la fiabilité des données permettant d’avancer que les 2/3 des logements envisagés puissent être réalisés dans le cadre d’opérations de renouvellement urbain”.

Nous aurions pu re-construire en permettant à plus de personnes de vivre en proximité du cœur de ville, qui offre 50% supplémentaires d’opportunités de produire quelque 1.000 logements par an. Une véritable politique publique du logement, via les offices, concurrentielle du privé permettrait de faire baisser le prix du foncier. Dans ses conclusions, la Commission d’enquête résume ainsi le problème : “La commission s’interroge sur les moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs de renouvellement urbain fixés par le projet de PLU pour l’habitat. Concernant plus particulièrement le logement social, la CE considère que la disposition fixant l’obligation du respect du quota de 25% de logements sociaux aux seuls opération de plus de 2.000m2 ne facilitera pas la mixité sociale”. Or, une mesure simple aurait pu être inscrite dans chaque OAP, visant à atteindre les 25% en s’engageant par exemple à ce qu’un logement sur quatre soit très social afin de satisfaire tous les Aixois.

Ce projet du PLU frise l’incantatoire. Nous risquons d’assister à la persistance d’une ville à deux vitesses qui maintiendra la cité dans sa dimension actuelle et qui aboutira à une muséification de la ville.

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