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PLU : Triste constat

Par Edouard Baldo

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) a été adopté par le Conseil municipal de fin juillet, en période de vacances pour ne pas inquiéter les Aixois… 1301 personnes étaient venues dire à l’enquête publique leur mécontentement, ou leur désaccord avec le projet voté en 2014… soit près d’un pour cent des citoyens… Le Conseil municipal n’a pas tenu compte de leurs observations. En effet, le PLU de 2015 est à 99 % le même que le projet, dont le Diagnostic était pourtant alarmant.

Le devoir de vérité nous oblige à citer in extenso les éléments de ce Diagnostic, qui figurent au Tome 1 du Rapport de Présentation et en premier lieu, la photographie de la population de la ville.

« Aix-en-Provence perd des actifs et les familles avec enfants. La classe 30-44 ans est particulièrement concernée par le phénomène de migration des jeunes ménages. Entre 2001 et 2006, 6700 personnes de 30 à 44 ans se sont installées à Aix-en-Provence, mais dans le même temps, 10 500 personnes ont déménagé notamment vers le reste du Pays d’Aix (2800) et les territoires de proximité (Marseille 1000, région de Salon 600…) »

Les chiffres cités se sont encore aggravés : ce sont plus de 15 000 jeunes actifs qui ont quitté Aix en 2013…

« Vers un vieillissement de la population. Les personnes de 55-64 ans et de plus de 75 ans évoluent de +28 % sur la période 1999-2009 par rapport aux autres classes d’âges »

« L’indice de vieillissement (nombre de personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes de moins de 20 ans) représente à Aix-en-Provence en 2008 une valeur de 79,69, alors que pour le département des Bouches-du-Rhône l’indice de vieillissement est de 69,6 et pour la France 67,9 »

Départ des jeunes actifs, vieillissement de la population aixoise entraînent inéluctablement une diminution de la population, qui n’est plus que de 141 000 habitants aujourd’hui, soit 4000 de moins qu’il y a seulement six ans…

Le Diagnostic dressé par le PLU souligne que « quels que soient les scénarios envisagés par l’INSEE les tendances démographiques sont à la baisse pour Aix-en-Provence. […] Ce risque de baisse du poids démographique de la ville centre interroge sur la capacité de la ville à assurer (voire conserver) des fonctions de centralité liées à son statut de ville centre »

« Par ailleurs, si Aix-en-Provence continue de polariser une part majeure du développement économique de la CPA, les difficultés de logement des actifs (et notamment des jeunes actifs / familles avec enfants) risquent de perdurer, reportant la « pression résidentielle » sur les territoires de frange en générant ainsi des migrations pendulaires toujours importantes »

« Dans un scénario plus pessimiste, la dégradation constante des conditions de logement et déplacement (phénomènes de congestion) pourrait « brider » le développement économique aixois (et plus généralement de l’ensemble du Pays d’Aix), celui-ci se reportant sur des secteurs où les entreprises pourraient plus facilement (tant en termes d’offre que de prix) loger leurs salariés. Dans cette hypothèse prospective, le logement deviendrait un véritable « facteur de production » et un critère de compétitivité »

« Mise en perspective – du diagnostic au PADD. Le PLU doit être l’occasion de renverser le bilan migratoire négatif des tranches d’âge actives (25-44 ans). « Fixer » sur la ville d’Aix-en-Provence les actifs les plus jeunes et notamment, les familles avec enfants, implique une intervention volontariste dans la production de l’habitat pour accroître la taille des logements »

L’état dressé par le titre 1 du PLU est clair : fuite des jeunes ménages, coefficient de vieillissement le plus élevé des villes du département, diminution de la population… Tous indices qui décrivent une commune en pleine récession.

Une enquête de juillet 2013 de l’Université Paris Dauphine montre qu’au Sud de la France toutes les villes ont gagné en population (Arles, Avignon, Nîmes, Toulon, Fréjus, Nice, etc.) alors que deux seulement en perdent : Marseille et Aix-en-Provence.

Enfin, une étude CSA de juin 2015, sur les villes préférées des Français cite dans l’ordre : Bordeaux (19%), Montpellier (15%), Toulouse (12%), Nantes (12%) et Nice (11%). Aix-en-Provence a disparu du classement, alors qu’il y a 20 ans, 75 % des Parisiens souhaitaient habiter à Aix !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation n’est pas brillante. Pour régénérer le tissu aixois, il fallait faire preuve de volontarisme économique, provoquer une dynamique nouvelle destinée à faire leur place à nos jeunes, et stopper leur fuite de la ville.

Au lieu de cela, le PLU ne prévoit rien… « RIEN », ce mot résume la philosophie du document destiné à prévoir Aix-en-Provence dans 15 ans.

Et ils ont voté ça…

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(1 commentaire)

  1. EL Yagoubi

    Il n’y a pas quelque chose qui s’appelle politique du logement à Aix-en-Provence. Il faut être un imbécile ou un naïf pour croire à une volonté politique dans le traitement de ce problème complexe et source d’interrogations. L’idée reçue dans le langage habituel de certains “acteurs” politiques : “Aix où il fait bon vivre”. Pour les rentiers et les amis de l’autre “ça ne se discute pas” est une forme de publicité mensongère destinée aux non avertis.
    Ce qu’on ne sait pas de cette politique plus important et plus utile de ce qu’on connaît. Le logement dans cette ville est instrument efficace bien conçu et bien utilisé dans la destruction des vies des familles et des personnes aux ressources modestes et précaires. J’ai vécu longtemps dans cette ville qui m’inspire des cauchemars, je l’ai quitté en 2012 suites aux attaques des délinquants issus du milieu notable. Coupable d’avoir porté plusieurs plaintes contre eux. Ils m’ont forcé d’abandonner mon studio (une cave située au centre ville). Et pourtant, tous les acteurs politiques dont le premier chef, la Maire de cette ville son adjoint S.C. et aussi les bailleurs du logement social ont été informés et avertis sur ce drame. Ils n’avaient rien fait. Voir laprovence.com du 14 novembre 2011.
    Après avoir passé plus d’un an sans logement dans votre ville, et pourtant je travaillais, j’ai pris un temps de réflexion pour la quitter définitivement. Mon choix a été dur mais utile, je ne le regrette pas. Au contraire, je suis très content de ma nouvelle installation, loin de cette cité de mensonge et de spéculations immobilières. Le problème du logement dans cette ville dans toutes ses dimensions, livre l’horreur la plus crue.

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